Arpèges

A propos de...

mercredi 22 octobre

L'Argent Dette

http://www.vimeo.com/1711304

Film : L'Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR)
Ce long métrage d'animation, dynamique et divertissant, de l'artiste et vidéographe Paul Grignon, explique les effets magiques mais pervers du SYSTEME ACTUEL D'ARGENT-DETTE dans des termes compréhensibles pour tous.

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mardi 03 juin

L'eBook ou l'avenir du livre.

Bientôt 10 ans qu'on en parle, l'eBook refait surface aujourd'hui avec cette vidéo-scénario d'un avenir plus ou moins proche. Moi j'ai vraiment envie d'avoir une de ces bêtes dans les mains et de pouvoir enfin lire agréablement une oeuvre téléchargée. Sachant que la plupart des exemples d'usages montrés sont techniquement possibles, il ne reste plus qu'à les intégrer de si belle manière et à faire en sorte que les libraires l'accueillent tous avec autant de sourire que celui de la vidéo! Vous vous aimeriez pouvoir lire sur un tel format?

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lundi 07 avril

« Le CIO est une réunion de gentlemen sans statut »

Source: http://www.libeorleans.fr/libe/2008/04/le-cio-est-une.html

Patrick Clastres est chercheur rattaché au centre d’histoire de Sciences-Po Paris. Il est également historien de l’Olympisme. Son travail de thèse est consacré à Pierre de Courbertin.
Face à la tourmente qui ébranle le mouvement sportif international et le débat sur l'opportunité de la tenue des prochaines olympiades dans la capitale chinoise, il analyse, avec recul, le non-positionnement du Comité international olympique (CIO) sur ces questions d'ordre diplomatique.

Avez-vous été surpris par la nomination de la Chine comme capitale olympique ?

On ne peut pas comprendre cette décision qui remonte à 2001 si on ne s’inscrit pas dans la perspective séculaire du fonctionnement du Comité International Olympique. Depuis sa création, en 1894, il veut délivrer un message sportif et diplomatique à l’échelle universelle. Il y a, derrière cet universalisme singulier, un réel idéal olympique. Au commencement, le CIO oeuvrait à la fabrique d’hommes capables de prouesses physiques, doués de capacités de commandement militaire, commercial et politique. Il se donnait comme mission de réunir l’élite mondiale pour un rapprochement pacifique. Puis, au fil des années, il a été confronté aux réalités géopolitiques et à une série incroyable de boycotts qui ont failli le faire disparaître. Pour assurer sa survie, le Comité a pris un tournant commercial décisif en 1980, laissant de côté l’amateurisme. C’est l’arrivée de Juan-Antonio Samaranch qui a permis ce processus. Depuis, le CIO est lié à ses partenaires commerciaux et à sa propre volonté d’expansion internationale. À ce titre, il ne pouvait pas se priver de ce formidable marché que constitue la Chine.

Mais le CIO aurait-il pu refuser cette candidature pour des raisons diplomatiques liées, par exemple, au respect des Droits de l’Homme ?

Comme l’a récemment dit Jacques Rogge, son président, le CIO, qui est une Organisation Internationale Non Gouvernementale (OING) de droit privé suisse, n’est pas une organisation militante. Sa composition laisse songeur. Il fonctionne sur le mode de la cooptation. On y retrouve des aristocrates, des militaires, des diplomates… C’est une réunion de gentlemen sans statut qui ont, comme point commun, l’absence de passé sportif et de compétences de management de haut niveau. Ils s’entourent de cadres performants et diplômés qui orientent le CIO vers une logique de survie bureaucratique. Du coup, on ne retrouve plus les valeurs intrinsèques du sport. Le sens commun disparaît au profit de la professionnalisation du jeu et du dopage.

Comptez-vous, comme certains politiques, sur les sportifs eux-mêmes pour faire infléchir le CIO ?

Le CIO s’interdit de dénoncer les pratiques anti-démocratiques des pays postulants au nom de la neutralité du sport. Ce qui rend l’objet sport plastique et donc facile à utiliser par les régimes totalitaires. Les rares tentatives diplomatiques du CIO sont une succession d’échecs et de désillusions, comme cette équipe RFA-RDA montée dans les années 50 ou celle regroupant la Corée du Nord et la Corée du Sud à l’occasion des JO de Barcelone de 1992. Il a exclu l’Afrique du Sud contraint par le seul boycott de 28 nations africaines. Cette mesure est intervenue avec 30 ans de retard et n’a eu aucun effet. C’était juste un rattrapage maladroit.
Alors oui, pourquoi pas les athlètes eux-mêmes. Ce serait à eux de se mobiliser pour peser sur le CIO et ses choix organisationnels. S’ils font preuve de vigilance et font jouer leur droit d’alerte, ils peuvent obliger le Comité à un positionnement clair. Que l’on ne revoit plus cette neutralité envers les régimes dictatoriaux qui se transforme trop souvent en complaisance. Je pense à la Chine, à l’Allemagne du IIIème Reich, à l’URSS. Ce phénomène est d’ailleurs comparable aux rapports qu’a entretenus la FIFA avec d’autres dictatures comme l’Argentine en 1978.
Hélas, pour l’heure, le CIO est seulement là pour offrir les jeux dans les meilleures conditions possibles. Quel qu’en soit le prix…

Recueillis par Mourad Guichard


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jeudi 20 mars

Le dalaï lama se dit prêt à rencontrer le président chinois

Source NOUVELOBS.COM | 20.03.2008

Le chef spirituel des Tibétains y met cependant comme conditions de recevoir des "indications concrètes" que Pékin est prêt au dialogue.

Le dalaï lama
(AFP)
Le dalaï-lama, s'est dit prêt à rencontrer le président chinois Hu Jintao, lors d'une conférence de presse à Dharamsala, jeudi 20 mars, dans le nord de l'Inde. Le chef spirituel des Tibétains en exil met cependant comme conditions à cette rencontre la nécessité de recevoir des "indications concrètes" que Pékin est prêt au dialogue.
Il craint, par ailleurs, que la répression des émeutes au Tibet ait fait de "nombreuses victimes".

"Toujours été prêt"

Il a déclaré qu'il avait "toujours été prêt" à rencontrer les responsables chinois "en particulier Hu Jintao", tout en reconnaissant que la perspective de se rendre à Pékin en ce moment n'était "pas pratique".
"Cependant, si des indications concrètes viennent de Chine, certainement, j'en serai heureux...", a-t-il dit. "S'il y a des indications concrètes, je suis prêt, je suis heureux, après cette crise... dans quelques semaines, quelques mois", a conclu le Dalaï lama.
Il avait appelé mercredi à une reprise du dialogue avec Pékin et réaffirmé qu'il était favorable à une solution non-violente au Tibet et ne recherchait pas l'indépendance.
Concernant "les victimes, nous ne connaissons pas les chiffres exacts. Certains disent six (tués), certains disent cent (...) Je suis vraiment inquiet qu'il y ait eu beaucoup de victimes", a déclaré le dalaï-lama, en parlant de la répression de ces derniers jours à Lhassa.

Annulation d'une marche vers le Tibet

Le dalaï lama avait demandé, mercredi 19 mars, à cinq groupes tibétains radicaux d'annuler une marche vers la frontière entre l'Inde et le Tibet.
Ces organisations, parmi lesquelles, le congrès de la jeunesse tibétaine (TYC), devraient rendre publique leur position commune jeudi ou vendredi.

Dissensions entre générations

Les dissensions entre les exilés tibétains en Inde, divisés entre la vieille garde du dalaï lama, apôtre de la non-violence et partisan d'une simple autonomie culturelle, et les jeunes radicaux amers qui exigent l'indépendance, sont activées par la révolte qui fait rage au Tibet, la plus importante depuis deux décennies.
Le chef spirituel et politique des Tibétains en exil est ambivalent face à la Chine : il dénonce le "régime de terreur" chinois, tout en plaidant pour que "Tibétains et Chinois vivent côte à côte, en harmonie". Il refuse aussi d'appeler à boycotter les Jeux Olympiques que Pékin "mérite", selon lui, d'accueillir. Le TYC est, à l'opposé, partisan d'un boycottage.

Des précédents

Depuis qu'ont éclaté le 10 mars les troubles au Tibet, au moins deux groupes de manifestants ont quitté à pied le nord de l'Inde en direction de la frontière avec le Tibet. Une centaine de marcheurs ont été arrêtés depuis par la police indienne et 44 autres continuent d'avancer.
Le dalaï lama, réfugié depuis 1959 à Dharamsala et invité des autorités indiennes, a plusieurs fois exprimé ses "réserves" face à ces manifestations et dénoncé le risque d'une confrontation avec les forces de sécurité chinoises à la frontière.
A Dharamsala, des manifestations de bonzes et de nonnes bouddhistes, tibétains et indiens, mais aussi de jeunes exilés se sont poursuivies mercredi contre la "répression" chinoise au Tibet.
Les émeutes au Tibet ont fait 13 morts selon les autorités chinoises, et 100 morts, voire des centaines de victimes, selon le gouvernement tibétain en exil.

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vendredi 08 février

Revenus et pauvretés depuis 1996

Dominique Demailly, Émilie Raynaud* - Source : enquête SRCV mai 2004
http://www.insee.fr/fr/ffc/ficdoc_frame.asp?ref_id=REVPMEN06b&doc_id=1823

En 2004, le niveau de vie moyen mensuel des individus s’établit à 1 503 euros. La répartition
des revenus est inégalitaire : les 20 % des individus aux niveaux de vie les plus faibles
détiennent 9,6 % de la masse des revenus par équivalent adulte, contre 37 % pour les 20 %
des individus les plus aisés.
Entre 1996 et 2004, le niveau de vie moyen des personnes actives progresse plus rapidement
que celui des inactifs. La pauvreté monétaire baisse tendanciellement jusqu’à stagner en fin
de période. Depuis 1996, la population pauvre est composée davantage de personnes
seules et inactives, de familles monoparentales et de familles nombreuses, et elle se déplace
vers les grandes villes.
L’approche de la pauvreté par les conditions de vie permet une analyse complémentaire à la
pauvreté monétaire, en traitant des difficultés matérielles rencontrées par les ménages.
Ainsi, près du quart de la population appartient à l’une ou l’autre catégorie, mais 5 %
seulement des individus cumulent les deux formes de pauvreté.

Faute de disposer d’informations individualisées sur l’allocation des ressources au sein des
ménages, tous les individus d’un même ménage ont, par hypothèse, le même niveau de vie. Le
calcul du niveau de vie s’appuie sur le revenu disponible et la structure du ménage. Le revenu
disponible du ménage est la somme de l’ensemble des revenus de ses membres, après redistribution,
c’est-à-dire après prise en compte des principales prestations sociales et paiement des
impôts directs. Le niveau de vie individuel, qui se déduit de ce revenu disponible du ménage
en tenant compte de la taille et la composition de ce dernier (voir Glossaire), prend mécaniquement
des valeurs inférieures à celui-ci.
En 2004, le niveau de vie moyen mensuel s’établit à 1 503 euros. La moitié des individus a un
niveau de vie inférieur à 1 314 euros par mois. À titre de comparaison, le montant net mensuel
du Smic en 2004 s’établit à 985 euros en moyenne sur la base d’un temps plein.

Les niveaux de vie sont moins dispersés que les revenus disponibles

En 2004, les 10 % des individus les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 753 euros
par mois (figure 1). Le niveau du RMI pour une personne seule est assez largement inférieur à
ce seuil (418 euros). Le minimum vieillesse est de 588 euros mensuels pour une personne
seule et le montant de minimum vieillesse prévu pour un couple (1 054 euros) équivaut à un
niveau de vie individuel de 702 euros.

* Dominique Demailly appartient à la division Conditions de vie des ménages et Émilie Raynaud à la division Revenus et
patrimoine des ménages de l’Insee.


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dimanche 27 janvier

CONTRE-EXPERTISE DU RAPPORT ATTALI

ASSEMBLEE NATIONALE – 24 JANVIER 2008

www.la-forge.info

CONTRE-EXPERTISE
DU RAPPORT ATTALI

AVANT PROPOS

40 EXPERTS FONT-ILS LE CONSENSUS ?

Il existe aujourd’hui une tendance lourde qui vise à soustraire des sujets toujours plus nombreux à
l’examen critique, au crible du débat contradictoire et à conclure à l’archaïsme du clivage gauche/droite.

On finit par se convaincre qu’il existe une réalité objective, décrite par ceux qui savent, les experts.
Conséquence de ce « diagnostic unanime », les solutions (les politiques) peuvent différer sur le dosage ou le
rythme, pas sur leur nature.

En 250 pages et plus de 300 propositions, le rapport Attali énumère sans hiérarchie véritable, souvent des
poncifs, quelquefois de solides préjugés idéologiques, mais parfois aussi des mesures utiles. Ce bloc où
selon son architecte principal « tout se tient », décrit-il la seule politique efficace possible ou une option
parmi plusieurs ?

Le rapport Attali doit être lu pour ce qu’il est : un rapport politique, un parti pris évident en faveur des
recettes libérales classiques. Cela le rend-il moins sérieux ? À l’évidence non. Cela le rend-il moins
légitime ? À l’évidence oui.

D’autres experts réunis par la Forge font à partir des mêmes chiffes, des constats différents. Ils en
déduiront d’autres politiques. Ils proposeront d’autres stratégies. Le champ économique même mondialisé
propose des options radicalement différentes au choix des citoyens. Notre rôle est de rappeler par cette
contre-expertise que ce choix existe.

INTRODUCTION

INDIVIDUALISME

Dans son introduction, le rapport Attali explique très nettement : « Alors que les protections
d’hier incitaient
au statu quo, les sécurités
de demain doivent aider au mouvement ». La formule a le mérite de la clarté, et elle
irrigue tout le rapport : il s’agit de remplacer la protection par la sécurité. Ce qui signifie : remplacer les
mécanismes collectifs qui permettent à la société française de faire corps par des garanties individuelles liées
aux assurances prises par chacun selon ses moyens.

Tout le rapport Attali, s’inscrit pleinement dans cette voie d’une individualisation croissante des rapports
sociaux : du salarié à l’employeur, de l’étudiant au professeur, du citoyen à l’Etat.

Au plan macro-économique, cet objectif est clairement assumé à travers la réduction des dépenses
publiques érigée en principe indépendamment de ce que financent lesdites dépenses, ou à travers la
suppression des départements alors que ceux-ci sont aujourd’hui les premières collectivités présentes en
matière sociale (ce sont les départements qui financent les maisons de retraite, la politique du handicap, de
l’autonomie, qui gèrent plusieurs des minima sociaux).

Au plan micro-économique, c’est-à-dire dans la vie de chacun, ce primat de l’individualisme est encore
plus net à travers la fausse bonne idée de la flex-sécurité : « la protection de ceux qui risquent », « la rupture
amiable du contrat de travail », la formation personnelle des chômeurs au moyen d’un « contrat
d’évolution » vont clairement dans ce sens.

Un tel individualisme forcené fonctionnerait peut-être sur Utopia, dans une société où toutes les égalités
seraient déjà réalisées : égalité dans l’accès aux formations, égalité dans l’accès au droit et à la justice, égalité
dans l’accès au crédit pour financer ses projets, égalité dans la maîtrise de la langue pour simplement
comprendre son contrat de travail et sa « rupture amiable ».

Mais la France de Nicolas Sarkozy est malheureusement très loin de celle où tout devient possible. Les
inégalités qui la minent s’accroissent sans relâche depuis trente ans, et loin d’être un frein au progrès,
l’espace public apparaît plutôt comme le dernier rempart, « ce qui reste à ceux qui n’ont plus rien » disait
Jaurès.

Tel quel, l’individualisme radical du rapport Attali est dangereux. Abandonner les mécanismes collectifs
qui constituent les moteurs mêmes des principes d’égalité et de fraternité au profit d’une extension
largement fictive de la liberté-sécurité, c’est lâcher la proie pour l’ombre.

ORTHODOXIE

Le rapport vante tous les bénéfices attendus d’un ajustement du modèle économique et social français aux
exigences de la mondialisation. Si la France doit arrêter une stratégie dans la mondialisation, celle proposée
par Jacques Attali relève de l’orthodoxie du consensus de Washington : modération salariale, politique de
concurrence, flexibilité du marché du travail, réduction de la dépense publique.

Sans surprise, le rapport Attali privilégie l’amélioration de la compétitivité de l’économie française par la
baisse des prix plutôt que par la hausse de la productivité.

La recherche d’un accroissement de la productivité de l’économie nous renvoie à des recettes aussi connues
qu’inappliquées sur la formation des salariés, l’augmentation des investissements en faveur de la recherche
et de l’innovation ou la diffusion des technologies. L’urgence fait pourtant l’unanimité. La France et
l’Europe sont en retard vis-à-vis de leurs rivaux commerciaux tant pour la part du PIB qu’elles consacrent à
la recherche que pour le nombre de brevets enregistrés chaque année. Et ce retard s’aggrave. Hélas
l’incantation commande dans ce domaine, car faute de détailler les financements que requièrent de telles
politiques, le rapport ne permet pas de rendre crédible l’effort proposé.
l’Europe sont en retard vis-à-vis de leurs rivaux commerciaux tant pour la part du PIB qu’elles consacrent à
la recherche que pour le nombre de brevets enregistrés chaque année. Et ce retard s’aggrave. Hélas
l’incantation commande dans ce domaine, car faute de détailler les financements que requièrent de telles
politiques, le rapport ne permet pas de rendre crédible l’effort proposé.

Le rapport Attali verse en conséquence une contribution plus dense à la recherche d’un environnement
économique plus concurrentiel, favorable à la baisse des prix. Il rejoint sur ce point l’arbitrage essentiel qui
matrice toutes les politiques économiques, fiscales, monétaires et sociales de l’Union Européenne comme
de la plupart de ses Etats membres pour ce qui relève de leurs compétences respectives : le primat du
consommateur sur le salarié et le citoyen.

La doctrine économique européenne, peu contestée en Europe mais critiquée voire moquée notamment
aux Etats-Unis parie presque exclusivement sur une amélioration de la compétitivité européenne par la
baisse des prix. Conséquence de ce choix, le marché européen combine une pression à la modération
salariale, une discipline budgétaire stricte et une concurrence fiscale et sociale qui font de l'Union
Européenne la puissance économique la moins déficitaire au monde et celle où jusque récemment
l'inflation est la plus faible.

Le consommateur français, comme ses voisins européens, devient dans cet environnement l'artisan de la
remise en cause de ses propres droits et de ses propres protections. Encouragé par des revenus qui
stagnent à choisir les prix les plus bas, il stimule une concurrence par la baisse des coûts de production.

Hélas, dans un contexte où l'exigence de rentabilité du capital continue de croître, l'essentiel des
réductions des coûts de production sont absorbés par la baisse du coût du travail. Ce sont donc les
rémunérations des salariés mais aussi les cotisations qui financent les systèmes sociaux qui voient leur part
dans la richesse produite diminuer.

Cette stratégie économique conduit les consommateurs à arbitrer contre leurs intérêts de salariés ou de
citoyens. Le chantier des réformes structurelles qui désosse méthodiquement les modèles sociaux européens
a ainsi trouvé dans les consommateurs des alliés infortunés ignorant le dessein qu'ils servent. Aussi grave,
cette même doctrine qui stimule « l’économie du low cost » encourage des comportements de
consommation qui sont défavorables à la protection de l'environnement (c'est-à-dire des investissements et
des coûts de production plus lourds à court terme -mais à court terme seulement).

Drôle de modèle que celui-là, qui tourne le dos à la « politique de civilisation » chère à Edgard Morin et
Nicolas Sarkozy, qui suggère, elle, des arbitrages radicalement inverses aux lignes directrices du rapport
Attali.


PARTIE 1
HYPOTHESES CONTESTABLES, MOYENS INEXISTANTS,
UN RAPPORT QUI SE TROMPE D’EPOQUE

En 314 propositions, le rapport Attali décline sous forme de mode d’emploi les grandes « réformes
structurelles » recommandées par de nombreux rapports publiés au cours de la période récente,
notamment les rapports Virville et Camdessus (2004) ou encore le rapport de suivi du « programme
national pour l’emploi » en application de la stratégie de Lisbonne. Au fond, il recycle plus qu’il n’innove.

Le diagnostic qu’il établit est que le déclin dont souffrirait la France est avant tout lié au poids du « modèle
hérité de l’après-guerre », celui-ci ayant accouché de « conservatismes » et de « privilèges » ayant accru les
inégalités, entretenu des rentes et bridé la croissance. Celle-ci serait en particulier contrainte par un
système de formation inadapté, un poids excessif des dépenses publiques, une fiscalité pesant sur le coût du
travail et la compétitivité, une mobilité insuffisante sur le marché du travail.

Pour favoriser l’avènement de l’économie de la connaissance, le rapport Attali propose donc de poursuivre
la réforme des universités (où la part du financement privé de dix pôles d’excellence pourrait atteindre
80%), de réduire de un point par an la part des dépenses publiques dans le PIB, d’abaisser le coût du
travail en fiscalisant le financement de la protection sociale à travers la hausse de la CSG et de la TVA.
D’asseoir la « flexisécurité » du marché du travail, d’allonger la durée du travail et d’accroître le taux
d’emploi des seniors et enfin, pour augmenter le pouvoir d’achat, de généraliser la concurrence,
notamment dans le secteur de la distribution.

Il comporte également des recommandations dont les effets sur la croissance paraissent marginaux ou à
l’efficacité peu évidente (suppression de la carte scolaire, déréglementation des professions de notaires, de
pharmaciens et de chauffeurs de taxis). Il est d’ailleurs frappant que l’avis des macroéconomistes n’ait pas
été convoqué par une commission chargée d’étudier les freins à la croissance (les seuls économistes
consultés étaient Christian de Boissieu et Philippe Aghion), comme si, en matière médicale, le diagnostic
d’une pathologie était pratiqué par les malades eux-mêmes, accompagnés de leur famille et du curé, sans
tenir compte des avis, parfois contradictoires, des spécialistes.

DES HYPOTHESES CONTESTABLES ES HYPOTHESES CONTESTABLES

L’hypothèse de la pertinence des exemples étrangers est contestable

Le modèle finlandais déjà vanté dans le rapport Camdessus est peu comparable au modèle français car
celui d’un petit pays capable de mettre au point un modèle de spécialisation de son commerce. En
revanche le rapport est dépourvu d’analyse comparative avec deux modèles se rapprochant du nôtre, ceux
de l’Allemagne et de la Grande Bretagne, deux pays qui ont été conduits à se doter de spécialisations
affirmées.

L’hypothèse que la mondialisation crée de la richesse et diminue la pauvreté est fausse à
l’échelle de la France ou de l’Europe

L’analyse est juste à l’échelle de la planète mais la mondialisation produit des inégalités de revenus et de
patrimoine dans les pays développés qui sont aujourd’hui un défi en soi. Requérir l’accélération de la
mobilité du travail dans ce contexte ne peut donc conduire de manière certaine à l’amélioration des
revenus (les emplois industriels perdus sont pour le moment en grande partie remplacés par des emplois
moins qualifiés et moins rémunérés). «L’indispensable mobilité» des individus ne peut être un substitut à
l’amélioration des revenus des salariés qui demeure le principal objectif d’une politique de croissance.

Accepter l’environnement international ne signifie pas renoncer à le réguler

Les formes de la concurrence internationale exacerbée peuvent être contestées. Le rapport Camdessus osait
réclamer la modification des règles (environnementales et sociales) des pays émergents comme la Chine.
Des instances internationales comme l’OIT et même le FMI appellent à la mise en place de nouvelles
régulations, de nouvelles normes.

Non les politiques macro-économiques ne sont pas neutres

Il faut rappeler qu’une croissance non pérenne fragilise ce qu’il reste de politique industrielle. Par exemple,
la question de la mobilisation contre les conséquences de la diffusion de la crise américaine des subprimes
n’est pas une question accessoire. Cette mobilisation doit pouvoir se combiner avec la programmation des
dépenses d’investissement nécessaires au maintien de la compétitivité d’un pays dont la population
continue de croître à un rythme élevé.

Que la mondialisation s’accompagne d’une progression de l’emploi qualifié est contestable

Les expériences réussies d’insertion dans la mondialisation révèlent un accroissement de l’emploi peu
qualifié, essentiellement dans le secteur des services et transports.

DES MOYENS INEXISTANTS

Le recours aux investissements public est peu utilisé

Les goulets d’étranglement de la croissance proviennent d’une insuffisance d’investissements publics dans
les infrastructures notamment de transport collectifs. Qu’elles touchent à la formation des salariés ou à la
diffusion des technologies dans les entreprises de services, les solutions ici proposées en vue d’accroître la
productivité de l’économie française ont en commun de requérir des investissements publics, notamment
dans les réseaux et dans la formation initiale et continue qui n’ont jamais été mobilisés à ce jour. Or faute
de détailler les sources de financement de ces propositions, le rapport ne permet pas de rendre crédible
l’effort proposé.

L’évaluation des politiques publiques est un enjeu démocratique

A la différence de toutes les expériences modernes de réforme, la manière dont est traitée cette question
s’inscrit une nouvelle fois dans la logique d’une recherche d’économies et de rationalisation des dépenses
alors que l’évaluation des politiques publiques devrait être guidée par le souci d’un meilleur service. On
privilégie les stratégies de « cost killer » à l’amélioration du service rendu.

La référence à une réforme de la gouvernance du secteur dit para public paraît particulièrement peu
convaincante.
paraît particulièrement peu
convaincante.

La question de la réforme des institutions des grandes agglomérations est peu approfondie. Ce sont
pourtant elles qui constituent les moteurs possibles de la réussite d’une insertion équilibrée dans la
mondialisation, et qui réclament la mise au point de modèles spécifiques de gouvernance collective.

LE RAPPORT SE TROMPE D’EPOQUE

La situation de la France n’est plus celle des années 80

L’heure serait ainsi à la flexibilité et à l’ajustement d’après les théoriciens britanniques de la mondialisation.
Pourtant la situation française n’est plus celle d’un pays ou les industries sont à restructurer de fond en
comble sur le modèle des années 80. Plus aucune subvention ne maintient de secteur industriel en activité
en dépit de ses handicaps vis-à-vis de la concurrence. Au contraire, les fleurons français de l’industrie
métallurgique ou chimique font l’objet d’OPA qui ne rencontrent aucune résistance (contrairement à
l’expérience allemande qui ne connaît aucune OPA).

La France n’est pas la Grande Bretagne de Thatcher

La France est avec l’Allemagne, le pays d’Europe recensant la proportion la plus élevée d’emplois précaires.
La perspective d’emplois stables pour les jeunes devient théorique. Dans ce contexte les objectifs exacts des
préconisations du rapport en vue d’un accroissement de la flexibilité sur le marché du travail, notamment
la rupture amiable, qui se présente sous le jour d’une procédure de pre-licenciement améliorée, ne sont pas
pertinents.

En fait d'anticipation pour éviter les licenciements économiques, le rapport suggère de généraliser le
licenciement économique, sans aucun garde-fous. En effet, actuellement, selon la loi et une jurisprudence
constante depuis 1995, le licenciement économique peut être décidé en cas de mutation technologique, de
difficultés économiques ou de réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité de l'entreprise.

Le rapport Attali propose d’étendre cette définition aux licenciements décidés pour “améliorer la
compétitivité de l’entreprise”. C’est la reprise d’une vieille et constante revendication du MEDEF. Cette
proposition revient à permettre aux entreprises de licencier tout simplement pour augmenter leurs profits,
autrement dit, elle revient à faire du licenciement économique une décision totalement soumise à la
discrétion du chef d’entreprise, et insusceptible de tout contrôle par le juge.

La conséquence d’une telle évolution ne serait à l’évidence pas une anticipation et un évitement du
licenciement économique (cf. intitulé de la proposition), mais une généralisation du recours à ce type de
licenciement. En effet, il est toujours possible pour une entreprise d’expliquer qu’elle a “amélioré sa
compétitivité” en procédant à tel licenciement. Pourquoi prendre dès lors le risque de licencier pour un
motif personnel (incompétence), au risque de perdre aux prud’hommes, s’il suffit d’invoquer une
amélioration de sa compétitivité ?

Derrière cette proposition, c’est ainsi tout le droit du licenciement et donc du contrat de travail, fondé sur
la prééminence du CDI, qui est remis en cause. Si on peut licencier librement pour un motif qui n’est pas
contrôlable, pas contestable (tout licenciement améliore par hypothèse la compétitivité), le CDI n’est plus
protecteur puisqu’il peut être rompu à tout moment, en réalité sans motif. C’est bien pire encore que le
CPE et le CNE réunis, qu’une période d’essai de deux ans généralisée, c’est tout simplement la fin du droit
du licenciement et du CDI.

Une stratégie d’ores et déjà engagée en France et en Europe

La France a, au cours du quart de siècle passé, déjà largement « réformé », si ce n’est détricoté, son modèle
économique et social dans le sens des préconisations du rapport Attali. Les champions nationaux ont été
destitués, au gré des quatre vagues de privatisations (1986, 1993, 1997, 2002)é des quatre vagues de privatisations (1986, 1993, 1997, 2002)1. Sous la surveillance de
Mario Monti (membre de la commission Attali), qui fut un commissaire européen farouchement opposé à
la recapitalisation d’Alstom, l’ouverture à la concurrence fut assurée. Elle est en passe de s’achever dans la
plupart des secteurs stratégiques.

Le marché du travail est devenu extrêmement flexible.
Beaucoup d’idées reçues concernant notre marché du travail se révèlent souvent fausses. Il faut sans cesse
rappeler les chiffres.

-Le taux de turn over est supérieur à celui qui prévaut au Danemark (40% de taux de rotation de la main
d’oeuvre par an en France contre 30% au Danemark2), pays de la « flexisécurité par excellence ».

-La durée et le montant des indemnités chômage ont été corrigés et le suivi des chômeurs s’est durci. Trois
millions de chômeurs dans la force de l’âge sont disponibles pour travailler sur un marché du travail aux
conditions de plus en plus dégradées sans qu’il ne soit utile de chercher en vain3 à accroître le taux
d’emploi des plus âgés. Le chômage a considérablement affaibli le pouvoir de négociation des syndicats.

-Au cours de ces vingt dernières années, la déformation à la baisse de la part des salaires dans la valeur
ajoutée4 a été plus accentuée que dans les principaux pays industrialisés. Et cette baisse de la part des
salaires se retrouve dans l’ensemble des pays européens (cf. graphique ci-dessous concernant l’euro 15
avant l’entrée récente des 10 nouveaux membres).

Source : Commission Européenne -DG ECFIN

1 Depuis 1993, furent d’abord mis en place les noyaux dur, construits à partir de participations croisées entre acteurs financiers
hexagonaux. Ces noyaux durs furent, au cours de la législation suivante, défaits. On procéda dans le même temps à de nouvelles
privatisations. Le modèle anglo-saxon de gouvernance d’entreprises, où les fonds de placement détiennent des portefeuilles d’actions
diversifiés, s’imposa progressivement. Le poids des fonds de placement anglo-saxons dépasse désormais 50 % de la capitalisation boursière
des entreprises du CAC 40. Le poids des noyaux durs d’actionnaires stables est inférieur à 20 %. La durée moyenne de détention d’une
action est inférieure à six mois. La norme de rentabilité financière imposée est de 15, voire 20 % dans certains cas sans que l’investissement
ne décolle.

2 Source Dares septembre 2006

3 Malgré les multiples incitations, les entreprises continuent à faire partir en retraite leurs salariés âgés à 58, 9 ans en moyenne si bien que
le taux d’emploi des seniors reste calé à 37,8%. Le dispositif des CDD seniors est un échec total : moins de 20 contrats ont été signés en
2007.
4 La part des salaires était de 75% en 1983. Elle est aujourd’hui de 65%.

-Le coût du travail en France se situe dans la moyenne européenne et reste inférieur au coût salarial
allemand.
Le coût du travail en France se situe dans la moyenne européenne et reste inférieur au coût salarial
allemand.

-La durée effective du travail est la même qu’en Allemagne (41 heures hebdomadaires) et les travailleurs
français détiennent la médaille de bronze de la productivité horaire. Au point que pour un temps de travail
inférieur (41 heures en France contre 43 heures en Grande Bretagne) les salariés français créent plus de
richesses que les salariés britanniques grace à une productivité plus importane (cf. tableau ci-dessous).

Productivité de la main d'oeuvre entre 1993 et 2003

PIB en spa (cad dans une monnaie commune) par heure de travail, par rapport à l'UE 15 (=100)

1993 2003 Productivité hebdo
des travailleurs en
2004
France 115 118 41*118 = 4838
UK 87 95 43*95 = 4085

Source : Rapport Eurostat 2005

-Les « baisses de charge » (généralisées sur les bas salaires depuis la loi quinquennale de 1993) ont
considérablement réduit le coût du travail non qualifié. La CSG est progressivement montée en puissance.
La réforme des retraites a évité d’augmenter les cotisations sociales, en allongeant les durées de cotisations
et réduisant les taux de remplacement. Les rigidités du marché du marché du travail se sont donc
largement estompées, sans provoquer d’effets significatifs sur l’emploi5 .

En matière budgétaire, la progressivité du système d’imposition directe a été considérablement
réduite par les mesures prises en 1993, 2005 et 2007. Quant à la dépense publique, sa part dans le PIB est
strictement identique à ce qu’elle était il y a vingt ans (53%) et demeure inférieure à la dépense publique

des pays nordiques, brandis comme modèles de « flexisécurité » à imiter.

5 Les « baisses de charges » n’ont pas suscité plus de 200 000 emplois, soit deux fois moins que les dispositifs de RTT.

Les politiques de rigueur budgétaire ont conduit à une réduction de 5 points la part des dépenses de
fonctionnement dans les dépenses de l’Etat. La LOLF permet un suivi extrêmement strict des missions et
des moyens attribués à chaque administration. La part des dépenses sociales dans le PIB s’est certes accrue
de 2 points. Mais le creusement de la dette publique provient essentiellement de la baisse des recettes,
observable depuis que s’est affirmée la stratégie dont la commission Attali préconise l’approfondissement.
La dette publique représentait 36% du PIB en 1993, 58,5 % du PIB en 1996 et 64% en 2007. La baisse
des recettes est due à la baisse du rendement de l’impôt, consécutive aux réformes fiscales accomplies et à
l’incapacité des politiques macroéconomiques conduites à ramener la croissance française à son taux
potentiel, supérieur à 3%.
eur budgétaire ont conduit à une réduction de 5 points la part des dépenses de
fonctionnement dans les dépenses de l’Etat. La LOLF permet un suivi extrêmement strict des missions et
des moyens attribués à chaque administration. La part des dépenses sociales dans le PIB s’est certes accrue
de 2 points. Mais le creusement de la dette publique provient essentiellement de la baisse des recettes,
observable depuis que s’est affirmée la stratégie dont la commission Attali préconise l’approfondissement.
La dette publique représentait 36% du PIB en 1993, 58,5 % du PIB en 1996 et 64% en 2007. La baisse
des recettes est due à la baisse du rendement de l’impôt, consécutive aux réformes fiscales accomplies et à
l’incapacité des politiques macroéconomiques conduites à ramener la croissance française à son taux
potentiel, supérieur à 3%.

Le rapport Attali aurait pu dresser le bilan d’étape de cette stratégie dans laquelle la France
s’est d’ores et déjà engagée depuis quinze ans.
Notons que le mal n’est pas spécifique à la France, certes plus atteinte que ses partenaires au cours de ces
quatre dernières années. L’Europe, qui a initié une telle stratégie, est devenue la zone où la croissance est la
plus faible du monde.

LES OUTILS ET VECTEURS DE LA STRATEGIE INDUSTRIELLE FONT CRUELLEMENT DEFAUT

Pas de mention des entreprises françaises qui pourraient assurer le rôle de vecteurs de stratégies
industrielles dans les secteurs innovants à développer et qui sont cités dans le rapport. Ce silence s’explique
partiellement par le point de vue strictement orthodoxe en matière de politique d’aides publiques et de
concurrence. Les obstacles mis par les règles européennes et les pratiques de la Commission européenne en
ce domaine ne sont pas traités, ce qui confère un caractère théorique à une bonne partie de la
démonstration sur le soutien à apporter à ces secteurs. Ce silence demeure néanmoins déconcertant
s’agissant des secteurs de l’énergie et des véhicules individuels où le rôle des producteurs et constructeurs
aurait du être évoqué.

Pas d’état des lieux des entreprises industrielles françaises et des obstacles qui pourraient se
présenter à la poursuite de leur développement.

Pas de commande globale d’objectifs en matière d’infrastructures de transport pour les ports et les
agglomérations de taille européenne. L’absence de référence au fret ferroviaire et aux investissements à
consentir en ce domaine contraste avec l’approche transversale que le rapport a tenté d’adopter en matière
environnementale, limitée il est vrai à une approche réglementaire, fiscale ou déclamatoire. Cette
indifférence demeure néanmoins cohérente avec la référence louangeuse contenue dans le rapport aux
résultats de l’UE obtenus en matière de déréglementation des transports et qui ont conduit à la saturation
le réseau autoroutier européen.

UN RAPPORT POUR LEGITIMER UNE POLITIQUE

La cible désignée par le rapport Attali est bel et bien le « modèle hérité de l’après-guerre », dont les
membres entendent rendre irréversible la remise en cause, faisant ainsi écho au voeu formulé par Denis
Kessler : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la résistance. Un compromis entre
gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie ». L’autonomie des
universités, la réforme de l’Etat, la suppression massive de postes de fonctionnaires, les réformes fiscales en
cours ou en projet, l’achèvement de la privatisation de l’énergie, la flexibilisation du marché du travail, la
réforme des régimes de protection sociale, le recours à « l’immigration choisie » sont autant de chantiers
creusés par Nicolas Sarkozy et que le rapport Attali a pour fonction idéologique de légitimer.

S’il faut indéniablement adapter notre modèle social au nouvel environnement économique, il
n’est pas évident que la direction vers laquelle le rapport Attali nous invite à nous enfoncer soit
la plus juste socialement, ni la plus efficace économiquement.

PARTIE 2
PREMIERS ELEMENTS D’UNE CONTRE-EXPERTISE

LES VERITABLES FREINS MACROECONOMIQUES A LA CROISSANCE

D’un point de vue macroéconomique, la faiblesse devenue chronique de la croissance française
est avant tout due à la panne d’investissement des grandes entreprises, particulièrement dans le
secteur innovant, supposé être le moteur de la nouvelle économie. La part des investissements dans le
secteur des NTIC est de 15% de l’investissement total, contre 45% aux Etats-Unis. Les entreprises cotées
peuvent pourtant se financer sur les marchés boursiers sur lesquels se porte l’abondante épargne des
bénéficiaires des dividendes du capitalisme financier. Elles jouissent de surcroît de taux de marge
reconstitués et disposent de capacités d’autofinancement et de fonds propres importants.
Malheureusement, les profits sont majoritairement consacrés à la rémunération des dividendes et à la
croissance externe, plutôt qu’à l’investissement productif. Le graphique suivant illustre ce divorce entre le
taux de marge et le taux d’investissement.

Graphique 1

Taux de marge et taux d’investissement en France

222426283032341979198119831985198719891991199319951997199920012003200599,51010,51111,51212,51313,514Taux de margeTaux d'accumulationLinéaire Source : INSEE, comptes nationaux base 2000

La restauration de la part des profits dans la valeur ajoutée a pour contrepartie la faiblesse de la part
des salaires et la baisse du pouvoir d’achat des ménages à bas et moyens revenus. La croissance française est
exclusivement tirée par la consommation des classes aisées, bénéficiaires de l’accroissement des inégalités.
Le bouclier fiscal alimente certes les revenus des classes aisées. Mais cette politique rencontre des limites,
dans la mesure où la propension à consommer des ménages à hauts revenus est faible. Une telle politique
fiscale risque donc d’entretenir une épargne devenue excédentaire, dans la mesure où les entreprises ne la
mobilisent pas pour l’investissement. Il en résulte une situation de croissance molle, accompagnée d’un
chômage persistant et de déficits publics chroniques, compte tenu de l’insuffisance de rentrées fiscales.

Dans ces conditions, il n’est pas aberrant, d’un point de vue macroéconomique, que cette épargne oisive
soit mobilisée par les pouvoirs publics pour financer des dépenses porteuses de croissance (investissement
public, innovation, recherche, santé, éducation). A l’heure de l’impératif de développement durable, que
l’on oppose abusivement à la croissance, l’investissement public dans les énergies renouvelables pourrait
ainsi être une priorité nationale.
soit mobilisée par les pouvoirs publics pour financer des dépenses porteuses de croissance (investissement
public, innovation, recherche, santé, éducation). A l’heure de l’impératif de développement durable, que
l’on oppose abusivement à la croissance, l’investissement public dans les énergies renouvelables pourrait
ainsi être une priorité nationale.

Le problème de la dette doit en tout état de cause être relativisé, dès lors que l’abondante épargne
disponible se révèle férue d’obligations du Trésor que l’Etat peut émettre à très bas taux. La dette serait
alors soutenable si elle alimentait la croissance. Celle-ci engendrerait les recettes fiscales permettant en fin
de course de réduire l’endettement public. Au contraire, l’objectif fixé par le rapport Attali de réduire de
1% la part des dépenses publiques dans le PIB pourrait au final produire l’effet inattendu d’une explosion
de l’endettement.

Trop de rigueur tue la rigueur, à l’instar des politiques menées en application du pacte de stabilité et qui
s’avèrent incapables, dans la moitié des pays de l’eurogroupe d’en respecter les critères. L’impact sur la
croissance d’une politique budgétaire est toutefois suspendu à son contenu. D’importantes marges de
manoeuvre budgétaires ont malheureusement été gaspillées par les 15 milliards du paquet fiscal, dont l’effet
sur l’investissement est quasi-nul et l’impact sur la consommation extrêmement faible.

En simplifiant à l’extrême, la spécificité du mal français peut se résumer à un problème de
répartition des revenus.

L’excès d’épargne, consécutif à l’insuffisance d’investissement et à la baisse de la part des salaires dans la
valeur ajoutée, est le véritable frein à la croissance. Elle alimente les bulles boursières et immobilières dont
l’éclatement est susceptible de provoquer des effets de richesse négatifs.

La répartition des revenus, stabilisée à un niveau élevé en faveur des profits, n’est pas étrangère à ce
paradoxe des coûts et de l’épargne. Les modèles postkeynésiens de répartition des revenus6, peu connus par le
grand public, montrent pourquoi ce paradoxe est inhérent aux effets des « politiques de l’offre »,
prédominantes en Europe au cours de ce quart de siècle. Paradoxe il y a car, bien que la baisse des coûts
salariaux et la hausse de la part des profits aient gonflé l’épargne (par le biais des dividendes distribués aux
actionnaires dont la propension à consommer est inférieure à 0,4), cette épargne ne trouve pas comme
contrepartie le regain d’investissement escompté par le « théorème Schmidt » (« les profits d’aujourd’hui sont
les investissements de demain et les emplois d’après-demain »).

La perte de compétitivité de nos entreprises, qu’illustre un déficit extérieur devenu chronique, est avant
tout liée à ce déficit d’investissement dans le secteur innovant. Elle est aggravée par un taux de change de
l’euro auquel nos entreprises exportatrices sont plus sensibles que les entreprises allemandes (une
appréciation de 10% de l’euro plombe la croissance de 0,2 à 0,5 % et détériore aussi la situation des PME
qui sous-traitent pour les entreprises exportatrices). Le retournement de la consommation amenuise à son
tour les débouchés pour l’investissement (souffrant d’un effet décélérateur). Les capacités de productions
sont sous-utilisées. Le potentiel de croissance endogène, lié à l’investissement dans « l’économie de la
connaissance », n’est absolument pas exploité.

Les carnets de commandes des entreprises sous-traitantes sont donc peu fournis. Celles-ci souffrent certes
de l’accès au crédit et des délais de paiements, comme le souligne le rapport Attali. Elles sont de plus mises
en concurrence et contraintes de comprimer leurs marges, reportant les risques sur des salariés précarisés.
La sous-traitance est parfois délocalisée par leurs donneuses d’ordre dans les pays à bas coût et/ou en zone
dollar ; le réseau des PME sous-traitantes se délite dans chaque bassin d’emploi qui se désindustrialise
désespérément. Nul doute que la double question de la préférence communautaire en matière industrielle
et de la politique de change doive être posée lors de la prochaine présidence française de l’Union
Européenne.

6 Marc Lavoie, L’économie postkeynésienne, La Découverte, 2004.

En attendant, l’accroissement de la flexibilité de l’emploi par la « séparation à l’amiable », recommandée
par le rapport Attali, aura peu d’effet sur l’emploi. La flexibilisation du CDI fragilisera plus encore le
pouvoir de négociation des salariés à l’heure où le pouvoir d’achat est à la traîne. Pour nécessaire qu’elle
soit, la « sécurisation des parcours professionnels » ne fera qu’inverser l’ordre de la file d’attente des
chômeurs.
séparation à l’amiable », recommandée
par le rapport Attali, aura peu d’effet sur l’emploi. La flexibilisation du CDI fragilisera plus encore le
pouvoir de négociation des salariés à l’heure où le pouvoir d’achat est à la traîne. Pour nécessaire qu’elle
soit, la « sécurisation des parcours professionnels » ne fera qu’inverser l’ordre de la file d’attente des
chômeurs.

Elle ne doit pas semer l’illusion que la formation7 est la solution miracle au chômage, alors que la véritable
cause du marasme de l’emploi qualifié tient dans le fait que les entreprises n’ont pas investi dans la
nouvelle économie, censée représenter le nouvel Eldorado ! L’INSEE recense tout au plus 400 000 emplois
vacants. Ces derniers ne se situent aucunement dans les Nouvelles Technologies de l’information et de la
communication, mais dans les secteurs traditionnels du bâtiment et de la restauration, où de nombreuses
entreprises font appel à une main d’oeuvre en situation irrégulière. Alors que nombre de travailleurs sans
papiers occupant des emplois dans ces secteurs en pénurie de main d’oeuvre ne sont toujours pas
régularisés, le recours à une nouvelle « armée de réserve industrielle », par le biais d’un appel à
l’immigration, exercera une nouvelle pression à la baisse sur les salaires.

Au final, le rapport Attali ne perçoit aucunement les conséquences de la stratégie économique
dans laquelle la France s’est d’ores et déjà avancée, tant en matière d’abandon de la politique
industrielle8 , où le bilan des privatisations s’avère désastreux, qu’en matière de politiques
fiscale et salariale, où la montée des inégalités entretient l’épargne des classes aisées au
détriment de la consommation populaire.

A cet égard, si la fiscalisation du financement de dépenses universelles est naturellement souhaitable pour
définir l’assiette la plus juste, le scénario proposé par le rapport Attali d’une hausse de la CSG de 0,6% et
de la TVA de 1,2% est un scénario limité, aux effets macroéconomiques risqués, dès lors que la
consommation est le seul moteur de la croissance et l’investissement relativement insensible aux coûts. La
CSG est un impôt proportionnel alors que la TVA est un impôt dégressif.

Leur montée en puissance est donc de nature à entamer encore plus le pouvoir d’achat des ménages à
faibles et moyens revenus dont la propension à consommer est égale à l’unité. Elle s’avère contradictoire
avec l’objectif de justice fiscale. Une véritable réforme moderne du financement des dépenses sociales
universelles consisterait à remplacer l’actuel système par un grand impôt universel sur le revenu et une
nouvelle fiscalité des entreprises. A cet effet, le scénario de fusion de la CSG avec l’impôt sur le revenu est
ignoré par Attali. Il permettrait pourtant d’élargir l’assiette de l’impôt sur le revenu tout en rendant
progressif le financement de la protection sociale. De même, le remplacement des cotisations patronales
par une contribution fiscale sur la valeur ajoutée, plus favorable aux PME, n’est pas évoqué.

COMMENT RELANCER LE POUVOIR D’ACHAT ?

Pour améliorer le pouvoir d’achat, le rapport Attali s’en tient à prêcher la concurrence dans la grande
distribution. Les chiffres publiés en décembre 2007 par une enquête du Nouvel Observateur sont à cet
égard accablants. Les prix dans la grande distribution ont augmenté en moyenne de 29% depuis le passage
à l’euro et ses marges se sont accrues de 3% entre 1996 et 2004. Pour autant qu’elle soit souhaitable,

7 Le rapport Attali évoque le taux de chômage des jeunes (21,5%) pour justifier une nouvelle réforme du système éducatif. C’est en fait le
taux de chômage des jeunes actifs (sans formation) qui est élevé. Rapporté à l’ensemble d’une classe d’âge, incluant tous ceux qui sont
scolarisés, le taux de chômage des jeunes n’est pas plus élevé que celui de la moyenne européenne (8,5% contre 7%). Trois ans après leur
sortie du système éducatif, 70% des jeunes en moyenne, et respectivement 76 et 85% des diplômés des deuxième et troisième cycles
universitaires, occupent un CDI. Le système de formation n’est donc pas si inadapté qu’il n’y paraît.
8 En matière de stratégie industrielle, la France est véritablement à la croisée des chemins, sans qu’un choix cohérent n’ait été franchement
retenu. Les champions nationaux ont été démantibulés et l’agence pour l’innovation industrielle, érigée au nom du patriotisme
économique, n’est dotée que… d’un million d’euros ! Les champions européens souffrent de nombreuses contradictions, à l’image d’EADS.
Les défauts de coordination s’ajoutent au désengagement des investisseurs privés à qui il est fait appel, en l’absence de pôle public
européen conséquent. Les pôles de compétitivité et les zones franches sont des expériences de faible portée (le volume des fonds destinés
aux pôles de compétitivité n’excède pas un milliard d’euros), qui ne permettent que des « saupoudrages », insuffisants pour que certaines
PME puissent atteindre la taille critique nécessaire pour affronter la concurrence. Le paquet fut en revanche mis sur les « baisses de
charges » sur les bas salaires, dont le montant s’élève à 25 milliards d’euros par an au titre des réformes « structurelles » du marché du
travail.

l’ouverture à la concurrence dans la distribution risque, au contraire de l’objectif recherché, d’accroître le
pouvoir du loup dans la bergerie. Les réseaux de grands distributeurs jouissent d’une rente liée à la double
domination qu’ils exercent sur les producteurs et sur les consommateurs.
pouvoir du loup dans la bergerie. Les réseaux de grands distributeurs jouissent d’une rente liée à la double
domination qu’ils exercent sur les producteurs et sur les consommateurs.

Premièrement, ils sont en situation de quasi-monopole ou d’entente oligopolistique face à la multitude des
consommateurs. « Libéraliser » les implantations de grandes surfaces pourrait tuer définitivement le petit
commerce local, sans nécessairement provoquer une baisse des prix.

Deuxièmement, les grands distributeurs sont peu nombreux (6 centrales d’achat se partagent 85% du
marché) face à quelques multinationales de l’agroalimentaire et à une multitude de petits producteurs
locaux (les économistes disent qu’ils sont en position de quasi-monopsone vis-à-vis des petits producteurs).

La loi Galland entendait protéger ces derniers en fixant un seuil en dessous duquel la revente à perte est
interdite, celui-ci excluant les « marges arrières ». Celles-ci sont des commissions versées par les
fournisseurs aux distributeurs en contrepartie de la promotion de leurs produits. Seuls les industriels de
l’agroalimentaire sont en mesure de payer ces imposantes « marges arrières » aux distributeurs. Ils fixent
alors des prix élevés pour pouvoir souscrire au versement de ces « marges arrières », tout en préservant leurs
marges (qui se sont accrues de 5 points de 1996 à 2004). Les petits producteurs locaux ne disposent
naturellement pas du même rapport de force pour fixer leur prix, ni de la même capacité financière pour
acquitter les « marges arrières ».

La suppression de la loi Galland, proposée par Attali et revendiquée par Michel-Edouard Leclerc au nom
de la mise en concurrence des producteurs pour obtenir des prix plus bas, condamnerait nombre de petits
producteurs. Pour l’heure, la loi Chatel est un compromis qui maintient un seuil de revente à perte avec
déduction des « marges arrières » des prix d’achat des distributeurs… qui n’ont toujours pas répercuté sur
leurs prix la déduction de 20%, déjà autorisée par la loi Dutreil de 2002…

Pour contrecarrer franchement la baisse du pouvoir d’achat, la question salariale devient dès
lors incontournable.

Elle pose le problème de la répartition des revenus et donc de la réduction des inégalités. Elle est
malheureusement la grande absente du rapport Attali, qui prétend pourtant s’attaquer aux rentes. Or les
études récentes indiquent que les hauts revenus ont littéralement explosé entre 1998 et 20059. Pour les 5
% des foyers les plus riches, les revenus déclarés ont progressé de 11 %. Pour 1% des foyers,
l’augmentation a été de 19,4%. Pour le 0,1% des foyers représentant le dessus du panier, elle a été de 32%.
Pour les 3500 foyers les plus riches, soit 0, 01% des foyers, elle a été de 42,6 %. Dans le même temps, le
revenu médian, de 1480 euros mensuels en 2005, stagnait, progressant de 0,6 % par an. En bas de
l’échelle, 7,1 millions de pauvres survivent désormais en France avec un revenu inférieur 817 euros
(correspondant au seuil de pauvreté de 60% du revenu médian).

Le revenu réel de la grande majorité des Français a donc baissé, en raison d’une inflation de 2% par an.
Pour une grande partie de la population, la perte de pouvoir d’achat est d’autant plus réelle que l’indice
des prix de l’INSEE est construit à partir de la pondération des biens entrant dans le panier de la
ménagère. Cette pondération sous-estime notamment le poids du logement qui est devenu le premier
poste budgétaire des ménages, alors que l’indice de l’INSEE le place en troisième position (sa part estimée
dans la dépense des ménages est seulement de 13% !), derrière les transports et l’alimentation.

Si l’on entre dans les détails, l’accroissement observable des inégalités est dû à l’explosion des très hauts
salaires et des revenus du patrimoine au cours des dix dernières années, alors que les revenus de l’immense
majorité de la population stagnaient. Les revenus des capitaux mobiliers se sont ainsi accrus de 31 % entre
1998 et 2005. Ils représentent 10 % du revenu des foyers les plus privilégiés, alors que les ménages
modestes n’épargnent pas, faute de ressources suffisantes. Quant aux revenus salariaux, la progression du

9 Camille Landais, Les Hauts Revenus en France (1998-2006) : Une explosion des inégalités ?, Paris School of Economics, juin 2007.

salaire moyen de 1,5 % par an depuis 1978, mis en évidence par l’INSEE ne rend pas compte de la
situation du nombre croissant de salariés subissant le travail précaire et bénéficiant donc d’un nombre
inférieur de jours rémunérés.
moyen de 1,5 % par an depuis 1978, mis en évidence par l’INSEE ne rend pas compte de la
situation du nombre croissant de salariés subissant le travail précaire et bénéficiant donc d’un nombre
inférieur de jours rémunérés.

C’est pourquoi l’INSEE calcule désormais le revenu salarial net, en tenant compte du fait que la part des
salariés qui ne sont pas à temps complet sur l’année (en CDD, intérim ou temps partiel) est de 31 %,
contre 17% en 197810. Ce nouvel indicateur montre alors que le revenu salarial net moyen a stagné entre
1978 et 2000 et qu’il a baissé de 0,5% entre 2000 et 2005 malgré les revalorisations du SMIC horaire. Ces
moyennes masquent enfin des disparités salariales qui se sont accrues. Entre 1998 et 2005, le salaire de
90% de la population ne s’accroissait que de 4% quand l’inflation progressait de 13% au total. Au cours
de la même période, les 0,1% des salariés les mieux rémunérés voyaient leurs salaires augmenter de 29 %.
Le 0,01 % des plus hauts salaires bénéficiait d’une hausse de 41 %. Dans certaines entreprises cotées, la
hiérarchie salariale s’échelonne désormais de 1 à 300 !

Si le pouvoir d’achat a donc bel et bien augmenté pour les cadres et les actionnaires du nouveau
capitalisme, il a baissé pour l’immense majorité des salariés, qui subit les conditions de plus en plus
dégradées du marché du travail, et dont le taux d’endettement explose. Les politiques de rigueur salariale
expliquent en grande partie le déplacement de 10 points du partage des revenus en faveur des « nouveaux
rentiers ». On a su, à partir de 1983, organiser la désindexation des salaires sur les prix. L’inflation salariale
a depuis disparu. Le gestionnaire public saurait, « techniquement », comment procéder pour accroître la
part des salaires dans la valeur ajoutée. Il est possible de modifier le mode de raisonnement dans la
fonction publique pour indiquer le chemin à suivre dans le secteur privé, de revaloriser le SMIC et
d’étendre les accords de branche organisant le relèvement des minima conventionnels pour provoquer une
hausse pour tous les niveaux dans les grilles salariales.

Une conférence salariale annuelle réunissant les partenaires sociaux pourrait enfin fixer des règles stables de
progression du pouvoir d’achat. Elle pourrait retenir l’idée qu’une hausse des salaires n’est aucunement
inflationniste dès lors qu’elle est indexée sur les gains de productivité, ni plus, ni moins. Enfin, pour
relancer immédiatement le pouvoir d’achat, il est également possible de baisser la TVA ; le coût de la baisse
d’un point du taux de TVA est de 6 milliards d’euros, soit 2,5 fois moins que le paquet fiscal.

10 Romain Aeberhardt, Julien Pouget, Anne Skalitz, « Le revenu salarial et ses composantes, évolution et inégalités de 1978 à 2005 », Les
salaires en France, édition 2007, INSEE.

LA FORGE, UN THINK TANK INDEPENDANT

Intellectuels, universitaires, praticiens de l’administration et de la société civile portent des réflexions qui
analysent la société, la décryptent, et préconisent des solutions. Les sujets qu’ils interrogent sont
nombreux: croissance des inégalités sociales et territoriales dans un contexte de concurrence internationale
exacerbée, reproduction sociale dans une société figée, crise des médias dans une démocratie française
imparfaite, construction européenne à réorienter pour permettre une stratégie industrielle et économique,
nouvelle priorité donnée à l’environnement. Sur tous ces sujets la rencontre entre les idées et la Gauche ne
s’opère plus.
La gauche doit se réconcilier avec le monde des idées, elle doit repenser son action dans la perspective, non
pas seulement de gagner le pouvoir mais également d’y réussir. Dans ce but, elle doit renouveler le travail
de pensée politique avec un travail exigeant et critique, destiné à être publié et partagé.

La Forge est un think tank indépendant, dévoué à la recherche, à l’analyse des questions actuelles et
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La Forge. Concerté régulièrement pour sur les orientations scientifiques, il se réunit deux à trois fois par an
afin de donner un avis sur les publications de La Forge et accompagne le conseil de direction dans
l’élaboration du programme de travail. Il sera mis en place au premier trimestre 2008.

Les groupes de réflexion élaborent les notes et études publiées régulièrement par La Forge. Leurs
thématiques couvrent l’ensemble des défis qui se posent à la gauche contemporaine :

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* Les inégalités sociales
animé par Valérie Estournes et Eric Lavenu (inegalites@la-forge.info)
* Etat providence et régulations publiques
animé par Karine Berger et Pierre Bilger (providence@la-forge.info)
* Libertés et culture, pour une société du libre arbitre
animé par Dominique Chavigny et Aude Evin (libertes@la-forge.info)
Deux cellules d’analyse sont également mises en place :

* Opinion et analyses électorales, animée par Philippe Hubert et Samuel Jecquier (opinion@la-forge.info)
* Suivi de la politique gouvernementale, animée par Joshua Adel et Fabrice Langlais (alerte@la-forge.info)
www.la-forge.info

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samedi 19 janvier

Commission Attali: relancer l'immigration parmi les propositions pour doper la croissance

10/01/2008 15:51

Relance de l'immigration, suppression des départements, libéralisation de certaines professions: la commission Attali sur la croissance, qui devrait rendre son rapport le 23 janvier, fera des centaines de propositions, parfois iconoclastes, au risque de susciter la polémique.
Source : TV5

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jeudi 13 décembre

Interdisciplinarité et événementiel : nouvelles armes des programmateurs ?

Le Théâtre national de la Colline et l’association Biz’Art organisent une rencontre sur ce thème le 15 décembre à Paris. On constate aujourd’hui que des lieux spécialisés s’ouvrent à d’autres formes artistiques, que des spectacles jouent sur le métissage des genres et des oeuvres… Où en est-on et que signifie cette tendance ?

Samedi 15 décembre (11h) au Théâtre National de la Colline

Interdisciplinarité et événementiel, les nouvelles armes des programmateurs ?

Débat animé par Arnaud Laporte, journaliste à France Culture
Journée organisée par le Théâtre national de la Colline et Biz’Art, l’association des étudiants et diplômés du Master 2 Management des Organisations culturelles de l’Université Paris Dauphine

Intervenants :
Jean Blaise, directeur du Lieu Unique (Nantes), initiateur de la Biennale Estuaire
Fazette Bordage, co-coordinatrice de Mains d’Œuvres (Saint-Ouen)
José Manuel Gonçalvès, directeur de la Ferme du Buisson, Scène Nationale de Marne-la-Vallée

Présentation :
La danse se faufile entre les toiles des musées, l’art contemporain vient se frotter aux grands maîtres, la musique populaire s’invite au théâtre. Quant à l’Opéra, il cède quelques pages de programme à l’opérette ! Les courants, jadis ennemis, et le mépris des disciplines entre elles, semblent avoir cédé la place à une sorte de complémentarité et de volonté d’ouverture, mettant sur un pied d’égalité anciens et modernes, culture d’élite et formes populaires. Pourquoi le Musée d’Orsay associe des œuvres impressionnistes à des œuvres contemporaines ? Pourquoi le théâtre du Châtelet inclut des soirées consacrées à l’opérette et pourquoi le musée du Louvre accueille le danseur Bill T. Jones au milieu des statues de la renaissance italienne ? Le Centre Pompidou n’a-t-il pas ouvert la voie ?
Ces institutions qui avaient habitué les parisiens et les touristes à une franche séparation entre les époques et les disciplines, débordent désormais d’imagination pour que s’infiltre dans leur programmation le maximum d’intrus possible ! Rares sont les institutions qui restent campées sur leur discipline d’origine, les unes et les autres marquent une tendance chaque année plus affirmée, à la transversalité.

Quel est donc ce phénomène nouveau qui mélange les genres au risque de faire tomber des bastions jusqu’alors imprenables ? Est-ce par volonté d’en découdre avec les querelles entre anciens et modernes, est-ce parce qu’aujourd’hui un professionnel de la culture à le droit d’avouer son goût pour des formes plus prosaïques de la culture de masse ? Ou bien est-ce que l’on ne serait pas en train de réaliser que cette longue tradition du verrouillage interdisciplinaire mène à une dégénérescence interne et qu’il est temps de faire sauter ces barrières, pour que les différents publics se côtoient, se mélangent, s’enrichissent les uns les autres. Pour que les frontières de genre s’effacent au bénéfice du seul talent et que le courant passe entre les générations de visiteurs.

Les scènes nationales pratiquent cette pluridisciplinarité depuis longtemps, et elles font découvrir différentes formes artistiques : théâtre, musique, danse, cirque… Est-ce là une forme de démocratisation de la culture ?

Prochains rendez-vous organisés dans ce cycle de rencontres :

- Samedi 9 février : Démultiplication de l’offre et saturation de la demande : un paradoxe à gérer
- Samedi 12 avril : La mutualisation dans le secteur culturel : enjeu ou survie ?

Renseignements et réservations :
Sylvie Chojnacki :          01 44 62 52 27       / s.chojnacki@colline.fr

Plus d’infos : www.biz-art.asso.fr

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mardi 04 décembre

Les incendiaires.Pamphlet contre les paradigmes économiques des banques centrales

Les banques centrales dépassées par la globalisation.
Patrick Artus
Éditeur : Perrin
résumé par André BERNAY

Les attaques répétées du chef de l’État contre la politique de la Banque Centrale européenne, nouveau bouc émissaire du déficit de croissance et du manque de compétitivité de la France, trouvent un relais théorique dans cet essai de Patrick Artus, dont le titre provocateur, voire populiste, cache une synthèse originale sur le système monétaire international et ses mécanismes.

La fin de l’inflation

Le rejet actuel de la Banque Centrale européenne (BCE), à la fois par les citoyens qui la tiennent pour responsable de la vie chère et par les politiques qui accusent la confusion entre indépendance et irresponsabilité , reflète l’inadaptation de la politique monétaire au contexte macro-économique. Cette déduction est bien évidemment infondée. D’une part la perception de l’inflation est systématiquement supérieure à la dérive de l’indice des prix, comme le montre le petit module qui vous permet de calculer votre "propre inflation" sur le site de l’INSEE. D’autre part l’insistance de certains États membres pour obtenir une politique monétaire plus souple cache le souci de réduire l’endettement public sans réaliser les réformes structurelles qui s’imposent.

Quoi qu’il en soit, les inquiétudes des citoyens et des politiques alimentent le débat public sur la légitimité des banques centrales. Pour Patrick Artus, le système institutionnel des banques centrales, conçu pour lutter contre l’inflation des années 1970, n’est plus en mesure de répondre aux risques financiers et bancaires d’une économie globalisée. L’ouverture des économies, le faible coût du travail et le surinvestissement dans les pays émergents crée une pression à la baisse sur les prix des biens et des services. Cet environnement déflationniste conduit à une panne de la croissance, dissimulée par l’accroissement de l’endettement des ménages. Ainsi l’inflation "monétaire", c'est-à-dire la dérive des prix liée à une augmentation de la liquidité en circulation, "a été éradiquée par l’arrivée des pays émergents" . L’inflation actuelle a pour origine deux facteurs indépendants de la politique monétaire. D’une part la tension sur le marché des matières premières (forte demande chinoise, risques sur l’offre) tire les prix de l’énergie, des métaux et des produits alimentaires à la hausse. D’autre part l’inflation dans les services provient des moindres gains de productivité par rapport au secteur industriel (effet Balassa-Samuelson).

Le retour vers une économie inflationniste n’est envisageable que dans l’hypothèse d’un renfermement protectionniste ou d’une hausse des prix de services protégés de la concurrence internationale (comme les services financiers en Grande Bretagne qui représentent 21% de l’emploi). Ces hypothèses apparaissent peu crédibles pour la zone euro.

L’inefficacité et les effets pervers de la politique monétaire

Le ciblage de l’inflation est une politique, au mieux inefficace, au pire déstabilisatrice.

L’accumulation de réserves de change par les pays émergents a fortement accru la liquidité en circulation sur les marchés financiers mondiaux. Les banques centrales ne contrôlent donc plus qu’une faible part de la liquidité mondiale. Cette liquidité, investie sur les marchés financiers internationaux, maintient les taux longs à des niveaux historiquement faibles et réduit les capacités de contrôle des banques centrales.

L’hétérogénéité des zones monétaires implique également une forte asymétrie de l’effet de la politique monétaire. En Europe comme aux États-Unis, les cycles de croissance divergent entre les régions si bien qu’une même politique monétaire, disons restrictive, peut éviter la surchauffe dans une zone de forte croissance et simultanément plonger dans la récession une zone déjà en difficulté. Cet effet pervers est compensé aux États-Unis par une forte redistribution fiscale. Un tel mécanisme au sein de l’Union européenne nécessiterait une très forte augmentation du budget de l’Union et un fédéralisme fiscal auquel les États membres ne sont pas prêts. Toutefois la principale source d’inefficacité de la politique monétaire demeure l’hétérogénéité des modes de financements. Ainsi le canal du taux d’intérêt n’agit pas de manière équivalente en Allemagne, où 85% des ménages empruntent à taux fixe, et en Espagne, où 95% des ménages empruntent à taux variable.

Enfin, citant avec ironie Jean-Claude Trichet et Ben Bernanke, Patrick Artus rappelle les limites de la doctrine monétariste des banques centrales : la stabilité des prix accroît la croissance et réduit le chômage puisque les acteurs économiques, confiants dans la stabilité des taux d’intérêt à long terme empruntent et investissent à long terme. Le contrôle de l’inflation permet de réduire la variabilité de l’économie notamment de la production et de l’emploi. Mais les effets pervers du ciblage d’inflation sont nombreux : augmentation de la variabilité des actifs, des taux de change, déséquilibre de la balance commerciale et croissance explosive des taux d’endettement des ménages.

L’incapacité des banques centrales à prédire les récentes crises financières prouve que le contrôle des prix ne suffit pas à assurer la stabilité du prix des actifs. Au contraire, la transparence de la politique monétaire homogénéise les anticipations des acteurs sur les marchés et amplifie les crises. "Une grande homogénéité des anticipations conduit les agents économiques à prendre simultanément les mêmes positions sur les prix des actifs" . La solution pour réduire ce risque est de limiter les variations brutales de taux courts. Or la lenteur de la réaction de la Banque centrale est responsable de l’accroissement inquiétant de l’endettement des ménages qui fait peser un risque social important sur les emprunteurs les moins solvables. Une politique monétaire restrictive, c’est prendre le risque de déprimer la demande de biens et services, le marché de l’immobilier, mais aussi d’accroître les inégalités.

Il n’est pas ici question de considérer les banques centrales comme responsables de l’ensemble des déséquilibres financiers de l’économie mondiale, mais simplement de souligner l’inadaptation de ces institutions aux défis actuels et le cruel besoin de réforme.

Quelles solutions ?

Les banques centrales doivent redevenir un instrument de politique économique, soutien des politiques structurelles afin de permettre une réforme de l’État en limitant le coût social pour ne pas revivre le choc de la désinflation compétitive des années 1980. Pour cela, le contrôle de l’inflation doit être remis sur un pied d’égalité avec le soutien de l’emploi et de la croissance. Le contrôle du prix des actifs doit devenir un objectif à part entière de la politique des banques centrales. La limitation de la liquidité mondiale nécessite une coopération internationale des régulateurs monétaires et des actions concertées face aux déséquilibres financiers et bancaires. Enfin la légitimité des banques centrales passe par un meilleur contrôle démocratique et une définition de l’objectif de la politique monétaire en accord avec les instances politiques (le parlement européen pour la BCE, le congrès pour la FED…).

Ces propositions pêchent toutefois par un manque de précision sur les modalités de mise en œuvre. Revenir sur le traité de Maastricht paraît difficile dans un contexte de défiance face aux institutions européennes. Le défaitisme de l’auteur et le ton alarmiste de la conclusion soulignent autant l’urgence de réformer que l’échec de l’économiste à proposer des solutions innovantes.

Au final, Les incendiaires offrent une synthèse de l’ensemble des critiques existantes contre la politique économique des banques centrales. Si l’auteur s’abstient d’entrer dans les détails des mécanismes monétaires, au risque de décevoir le lecteur averti à la recherche de démonstrations rigoureuses, la clarté des explications et la pertinence des exemples font de ce livre un bon support pour comprendre les débats actuels.

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Le livre noir du libéralisme de Pierre LARROUTUROU

Par Nathalie, vendredi 23 novembre 2007 à 22:25   Nicemassena.org
Pierre LARROUTUROU est porte parole de l'Union pour l'Europe Sociale, délégué national Europe du Parti Socialiste. Pour vous donner l'envie de lire le livre que je prête à qui me le rendra...la préface de Michel ROCARD...comme "un cri d'angoisse"

Paris, le 24 septembre 2007

" Ce que vous tenez entre les mains, cher lecteur, est davantage un pamphlet qu'un livre. Pierre LARROUTUROU y exprime le savoir considérable qu'il a accumulé sur l'état de l'économie contemporaine, et c'est déjà très important. Il y crie aussi son angoisse. Et si j'ai pris la plume pour écrire ces quelques lignes, c'est que je partage cette angoisse. Ce que l'on sait de l'économie mondiale a de quoi faire peur, simplement parce que les grandes tendances que l'on voit à l'oeuvre aussi bien dans la finance mondiale que sur chaque grand Etat continent, Etats Unis, Chine, Europe, conduisent toutes à des aggravations de déséquilibres dont nul ne peut imaginer la résorption paisible. Le cri de colère que représente de la part de Pierre LARROUTUROU cet ouvrage est aussi une dénonciation du silence des experts. Les économistes savent tout ce qui est dit là. Pour Smith, Ricardo et surtout Keynes, le chômage ou le travail précaire étaient des objets de préoccupation et d'étude pour la science économique. Ce n'est plus le cas. La science économique a dérivé et s'est recroquevillée pour n'être plus qu'une science de la circulation de l'argent. L'être humain, qui en était le coeur pour les fondateurs en a été chassé. Il n'est plus qu'un solde. Pour les théoriciens du marché de la période contemporaine, le chômeur est le résultat d'un dysfonctionnement du marché. En tant que tel, il relève de la charité et de la police mais plus de la science économique. Le résultat de cette attitude c'est que le fléau majeur des sociétés développées du début du XXIème siècle, la précarité du travail, ne fait l'objet ni d'évaluations quantifiées ni de commentaires. Or c'est de là, parce que toutes les classes moyennes sont concernées, que viendra la colère sociale qui pourrait devenir dévastatrice si la crise s'aggravait. Car il y a plus. La menace la plus grave que comporte le système tel qu'il fonctionne aujourd'hui tient aux déséquilibres financiers. Or aucun banquier (les seuls vrais spécialistes pourtant) n'en parle. Tout banquier en exercice, et surtout bien sûr les banquiers centraux, est tenu par ses pairs de ne rien évoquer qui inquiète....la croissance économique est commentée, bien sûr, y compris dans la diversité de ses rythmes, mais jamais nulle part n'est commenté le fait que cette croissance n'est fondée que sur l'endettement! Tout cela donne à ce volume de Pierre LARROUTUROU une allure de coup de tonnerre dans un ciel bleu, une allure de cri d'alarme, et mon ami Pierre a la forme emportée! Je pense portant qu'il n'y a pas grand chose de plus essentiel aujourd'hui que de faire réfléchir gouvernements, banques centrales et experts au traitement approprié de cette situation. Le lecteur sait peut-être qu'un des économistes français les plus respectés, le professeur Patrick ARTUS, vient de publier un autre petit livre intitulé "les incendiaires". Les incendiaires en question sont pour lui les banquiers centraux. Il doit vraiment se passer quelque chose dans le système. Et si l'on ne fait rien, Pierre LARROUTUROU aura eu raison de consacrer une partie de la fin de son livre aux budgets militaires, et notamment à celui de la Chine. La science économique traite de la vie du genre humain. Il est moins que jamais admissible de laisser le monopole de ses réflexions et de ses débats aux seuls spécialistes, alors qu'on les découvre en train de jouer aux apprentis sorciers"

Posté par Max Emme à 21:26 - Actualités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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